CHAPITRE SEPT

Allez-y, rattrapez-les, dit Lucie en se tournant sur le côté. Je vais dormir. Un miaulement grincheux se fit entendre ; puis une petite boule de poils orange se faufila dans la pièce et sauta sur le lit.

— Nala ! s’écria Lucie en lui gratouillant la tête. Hé, tu m’as manqué.

La chatte lui éternua en pleine figure, fit trois tours sur l’oreiller, s’y étendit et mit en route son moteur à ronronnements. Lucie et moi échangeâmes un regard complice. Voir Nala s’installer confortablement avec elle donnait une touche encore plus douillette et familière à cette chambre.

— Allez-y, répéta Lucie d une voix ensommeillée en se blottissant contre la chatte. Prenez une douche, faites ce que vous voulez. Nal et moi allons faire une petite sieste. Oh, pour rejoindre les autres, prenez à gauche, puis toujours à droite. Le passage pour la gare se trouve près de la pièce où on a mis les frigos.

— Darius a dit qu’il fallait que je regarde tes bandages. Plus tard, fit-elle en bâillant à s’en décrocher la mâchoire. Ils tiennent bien.

— Si tu le dis…, fis-je en m’efforçant de ne pas montrer mon soulagement (décidément, je ne serai jamais infirmière). Dors bien. Je reviens vite.

Je jure qu’elle s’est endormie avant même qu’Erik et moi soyons sortis.

Nous tournâmes à gauche et marchâmes sans rien dire pendant un petit moment. Les souterrains n’étaient plus aussi effrayants qu’auparavant, mais cela ne les rendait pas joyeux pour autant. Des lanternes pendues à de gros clous plantés dans les murs à intervalles réguliers éclairaient le tunnel humide.

Soudain, j’aperçus quelque chose du coin de l’œil. Je ralentis et scrutai l’ombre épaisse, le ventre serré.

— Qu’y a-t-il ? demanda Erik.

— Je ne sais pas, je…

A cet instant, il y eut une explosion. J’allais hurler, craignant une attaque des novices rouges ou, pire, des Corbeaux Moqueurs, quand Erik m’empoigna par les épaules et me tira sur le côté. Des dizaines de chauves-souris s’étaient envolées juste devant nous.

— Elles sont aussi terrifiées que toi, dit-il dès qu’elles nous eurent dépassés.

Je frissonnai.

— Ça m’étonnerait. Beurk. Les chauves-souris sont des rats avec des ailes.

Il ricana alors que nous nous remettions en marche.

— Je croyais que c’étaient les pigeons, les rats avec des ailes !

— Les chauves-souris, les pigeons, les corbeaux… Je ne fais plus vraiment de distinction, ces jours-ci. Tout ce qui bat des ailes me fiche la trouille.

— Je comprends.

Nous arrivâmes à une section du souterrain très étonnante et nous arrêtâmes pour la contempler.

— Waouh, c’est vraiment cool ! soufflai-je.

— Ce doit être l’œuvre de cette Gerarty. Lucie ne te l’a pas présentée comme l’artiste qui décorait les souterrains ?

— Si, mais je ne m’attendais pas à ça.

Oubliant les chauves-souris, je passai la main sur les dessins élaborés de fleurs, de cœurs, d’oiseaux et de tourbillons, entremêlés en une mosaïque de couleurs vives qui semblait insuffler vie et magie à cet endroit sinistre.

— Certaines personnes, humains comme vampires, paieraient une fortune pour avoir une telle œuvre d’art, dit Erik.

Il n’ajouta pas : « Si l’existence des novices et des vampires rouges était un jour révélée au monde », mais je savais qu’il le pensait.

— J’espère que cela arrivera, répondis-je. Ce serait bien que les gens sachent que les novices rouges existent.

Et puis, s’ils se montraient au grand jour, les questions qui me taraudaient trouveraient peut-être une réponse…

— Quoi qu’il en soit, repris-je, les humains et les vampires devraient entretenir de meilleures relations.

— Comme toi et ton petit ami ? demanda-t-il sans aucun sarcasme.

Je le regardai dans les yeux.

— Je ne suis plus avec Heath.

— Tu en es sûre ?

— Oui.

— OK. Bien.

Nous repartîmes en silence, perdus dans nos pensées.

Peu après, le tunnel tourna légèrement à droite. Sur la gauche se trouvait une ouverture voûtée, munie d’un rideau en velours noir avec une photo d’Elvis en costume blanc du plus mauvais goût.

— Ce doit être la chambre de Dallas, dis-je.

Erik hésita un instant, puis souleva la couverture. Nous jetâmes un coup d’œil à l’intérieur. La pièce n’était pas très grande, et ne comportait pas de lit, juste deux matelas empilés l’un sur l’autre. Dallas y dormait à poings fermés sous un édredon rouge. Il y avait également une table chargée d’un tas d’objets indéfinissables et deux poufs noirs. Sur le mur incurvé se trouvait une affiche de… de…

— Jessica Alba dans Sin City ! souffla Erik. Ce gamin a des goûts excellents. Très sexy, cette actrice vampire.

Je fronçai les sourcils et rabattis le pan de tissu.

— Quoi ? fit-il. Ce n’est pas ma chambre !

— Allons rejoindre les autres.

— Zœy, dit-il au bout de quelques minutes de marche silencieuse. Je dois te remercier.

— Pourquoi ?

— Pour m’avoir sauvé, tout à l’heure, à la Maison de la Nuit.

— Je ne t’ai pas sauvé. Tu nous as suivis de ton propre chef.

— Si, tu m’as sauvé. Sans toi, je pense que j’aurais perdu toute volonté.

Il s’arrêta et me toucha le bras, me tournant doucement vers lui. Je plongeai mon regard dans ses yeux bleus brillants, désormais encadrés de tatouages au tracé complexe. Depuis qu’il s’était transformé, son allure à la Clark Kent avait pris une autre dimension. Il avait maintenant un côté plus sombre, terriblement sexy. Je regrettais amèrement notre rupture, et je m’en voulais de l’avoir causée. Malgré tout ce qui s’était passé, j’avais encore envie d’être avec lui ; j’avais envie qu’il me fasse de nouveau confiance.

— Tu me manques, lâchai-je.

Voyant ses yeux s’écarquiller et ses lèvres esquisser un sourire, je réalisai que j’avais parlé à voix haute.

— Je suis juste là.

J’avais le visage et le cou en feu.

Son sourire s’élargit.

— Tu ne veux pas savoir comment tu m’as sauvé ?

— Si, bien sûr.

— Eh bien, au lieu de me laisser hypnotiser par le pouvoir de Kalona, je pensais à toi.

— Vraiment ?

— Tu étais incroyable quand tu as formé ce cercle, tu le sais, au moins ?

Je secouai la tête, prise au piège de ses yeux. Je n’osais plus respirer ; je n’osais rien faire qui puisse rompre le charme.

— Tu étais extraordinaire. Belle, puissante, sûre de toi. J étais fasciné.

— Je t’ai entaillé la main.

— Il le fallait. Ça faisait partie du rituel.

Il me montra sa paume. Une fine cicatrice courait sous son pouce.

Je l’effleurai.

— Je ne voulais pas te faire mal.

Il saisit ma main et la retourna. Puis, imitant mon geste, il fit glisser le doigt sur mon tatouage saphir. Je frissonnai.

— Je n’ai pas eu mal quand tu m’as coupé. Je ne sentais que la chaleur de ton corps, ton odeur. C’est pour ça que cette créature ne n’a pas eu d’emprise sur moi. C’est pour ça que je n’ai pas cru Neferet. Tu m’as sauvé, Zœy.

— Malgré tout ce qui s’est passé entre nous ?

Il inspira à fond, tel un plongeur s’apprêtant à sauter d’une falaise vertigineuse.

— Je t’aime, Zœy. Ce qui s’est passé n’y a rien changé. Pourtant, je l’ai souhaité.

Il prit mon visage entre ses mains.

— Neferet et Kalona me sont indifférents parce que je suis fou de toi. Tu m’as hypnotisé, Zœy. Je veux me remettre avec toi, il suffit que tu dises oui.

— Oui, murmurai-je sans aucune hésitation.

Il posa ses lèvres sur les miennes. Il avait toujours le même goût ; il me touchait toujours de la même façon. Je l’enlaçai et me pressai contre lui. Je n’arrivais pas à croire qu’il m’avait pardonné, qu’il voulait de moi malgré tout, qu’il m’aimait comme avant.

— Zœy, chuchota-t-il contre mes lèvres, toi aussi, tu mas manqué.

Il m embrassa de nouveau. J’en eus le vertige. Ce baiser était différent de nos baisers d’autrefois, quand il était encore novice, quand je n’avais pas encore perdu ma virginité dans les bras d’un autre. C’était comme s’il connaissait un secret, et qu’il me le faisait partager. Il gémit, puis il me plaqua contre le mur. Ses mains couraient sur mon corps, s’aventuraient sur ma peau nue.

Ma peau nue ?

Plaquée contre le mur ?

Je me figeai. « Pense-t-il que, sous prétexte que je ne suis plus vierge, tout est permis ? Et puis quoi encore ! »

Je ne voulais pas faire ça. Pas ici ; pas comme ça. Ma seule et unique expérience sexuelle avait tourné au désastre ; elle avait été la pire erreur de ma vie. Elle ne m’avait certainement pas transformée en nymphomane !

Je m’arrachai à ses lèvres. Ça n’eut pas l’air de le déranger ; il continua de m’embrasser dans le cou.

— Erik, s’il te plaît, arrête, fïs-je, essoufflée.

— Hum, tu es trop belle !

Il avait une voix si sexy que je faillis flancher. Après tout, j’avais envie de me remettre avec lui, et il était tellement canon, tellement familier…

Je commençais tout juste à me détendre quand j’aperçus quelque chose par-dessus son épaule : des yeux rouges luisaient dans une mer d’obscurité profonde et houleuse, masse fantomatique qui palpitait dans l’air.

— Erik ! Arrête. Tout de suite.

Je le repoussai violemment, et il trébucha. Le cœur battant à tout rompre, je me positionnai de façon à affronter le danger.

Les yeux avaient disparu, mais la masse mouvante était toujours là. Néanmoins, le temps que je cligne des yeux, elle s’évanouit à son tour, nous laissant seuls, dans ce tunnel sombre et silencieux.

Soudain, venant de la direction opposée, j’entendis un claquement de talons sur le sol en béton. J’inspirai profondément, prête à appeler les éléments pour combattre cette nouvelle menace sans visage.

C’était Kramisha. Elle lança un long regard appuyé à Erik.

— Eh ben, vous faites ça là ? Ça ne rigole pas ! Erik passa le bras autour de mes épaules. Je n’avais

pas besoin de le regarder pour savoir qu’il souriait, tout à fait décontracté. Il était très bon acteur ; il maîtrisait à merveille l’expression sexy du garçon pris sur le fait.

— Salut, Kramisha, dit-il d’une voix suave.

Moi, en revanche, j’avais du mal à tenir debout, et je n’en menais pas large. Mes lèvres étaient endolories et humides.

— Kramisha, tu n’as pas vu quelque chose dans ce coin-là ? demandai-je, hors d’haleine.

— Non, petite, je n’ai vu que toi et ton copain en train de vous léchouiller, répondit-elle du tac au tac, un peu trop vite, à mon avis.

— Ooooh ! Erik et Zœy se bécotent ? C’est trop mignon !

Jack se matérialisa soudain à côté de nous, comme sorti de nulle part, suivi de Duchesse.

— Zœy, ce n’étaient que des chauves-souris, me rassura Erik en me pressant contre lui. Hé, Jack, je te croyais sous la douche.

— Il va y aller, dit Kramisha, il est juste venu chercher des serviettes avec moi. Et, oui, il y a des chauves-souris par ici. Elles ne nous embêtent pas si on les laisse tranquilles.

Elle bâilla et s’étira langoureusement.

— Puisque vous êtes là, vous pourriez accompagner Jack pendant que je vais faire un somme ?

— Pas de problème, fïs-je, ayant retrouvé mes esprits et me sentant ridicule d’avoir paniqué à cause de malheureuses chauves-souris. Erik et moi allions justement à la salle de bains.

Elle nous regarda d’un air entendu.

— Bien sûr. C’est tout à fait l’impression que vous donniez.

Je rougis de nouveau.

Elle pivota et entra dans une petite pièce. Elle alluma une lanterne puis nous jeta un coup d’œil par-dessus son épaule.

— Quoi ? Qu’est-ce que vous attendez ?

Jack, Duchesse, Erik et moi la suivîmes à l’intérieur. C’était une sorte de vaste placard bien rangé, avec des étagères pleines de serviettes et de grands peignoirs molletonnés, que Duchesse se mit à renifler.

— Ce chien est propre ? demanda Kramisha.

— D’après Damien, la gueule d’un chien est plus propre que celle d’un humain, répondit Jack en tapotant la tête du labrador.

— Nous ne sommes pas des humains, rétorqua-t-elle. Alors, tu peux lui dire d’éloigner sa grosse truffe de la marchandise ?

— Très bien. Mais tâche de te rappeler qu’il a subi de gros traumatismes, et qu’il est très sensible.

Tandis que Jack tirait Duchesse vers lui, j’examinai la pile de linge.

— Eh bé… ! Qui aurait pu deviner qu’on trouverait tout ça ici ?

Kramisha se mit à nous fourrer des serviettes dans les bras.

— Aphrodite. C’est elle qui a payé. Vous n’imaginez pas tout ce qu’on peut commander avec autant d’argent ! Ça m’a conforté dans le choix de ma future carrière.

— Ah oui ? dit Jack. Qu’est-ce que tu veux faire ?

— Je veux être écrivain. Un écrivain riche. Avec une carte de crédit illimité. Les gens vous traitent différemment quand vous avez du fric.

— Oui, c’est vrai, fît Jack. Les vendeurs font souvent de la lèche aux Jumelles quand on fait les magasins ensemble. Leurs familles ont de l’argent.

Il avait fini sa phrase dans un murmure, comme s’il s’agissait d’un grand secret, ce qui n’était pas le cas. Tout le monde savait que leurs parents étaient riches. Pas autant que ceux d’Aphrodite, certes, mais quand même. Pour mon anniversaire, elles m’avaient acheté une paire de bottes qui valait quatre cents dollars ! C’était une preuve suffisante à mes yeux.

— Moi aussi, j’ai envie qu’on me fasse de la lèche, continua Kramisha. Alors, je vais gagner plein de sous.

Bon, allons-y. On se séparera devant ma chambre. Jack, tu sauras retrouver le chemin ?

— Oui.

Nous repartîmes dans le tunnel. À la porte suivante était pendu un pan chatoyant de soie violette.

— Voici mon chez-moi, annonça Kramisha qui, me voyant fixer le superbe tissu, ajouta : Je l’ai déniché dans un magasin de déco. Ils ne livrent pas, mais ils acceptent les cartes de crédit.

— La couleur est magnifique, dis-je, me sentant ridicule d’imaginer des monstres dans tous les recoins d’un endroit aménagé avec autant de goût.

— Merci. J’aime mettre de la couleur. Elle joue un grand rôle dans la décoration. Vous voulez entrer ?

— Oui.

— Carrément ! renchérit Jack.

Elle jeta un regard méfiant à Duchesse.

— Tu es certain qu’elle est propre ?

— Bien sûr, répondit-il, vexé. C’est une vraie dame.

— Il vaut mieux, grommela Kramisha avant de tirer le rideau d’un geste solennel. Bienvenue dans mon royaume !

Sa chambre aux murs d’un vert clair faisait deux fois la taille de celle de Lucie. Deux lanternes et une dizaine de bougies allumées ajoutaient un parfum de citron à l’odeur de peinture fraîche. L’ameublement, en bois sombre, se composait d’un lit, d’une coiffeuse, d’une table de nuit et d’une bibliothèque. D’énormes coussins en satin, roses et violets, étaient éparpillés dans la pièce. Sur le lit je vis une demi-douzaine de livres, certains ouverts, d’autres fermés, la page marquée d’un signet, comme si elle les lisait en même temps. Tous les volumes, y compris ceux alignés sur les rayonnages, avaient des codes-barres sur la tranche. Kramisha suivit mon regard.

— Bibliothèque municipale. Elle ferme tard le week-end.

— Je ne savais pas qu’on pouvait emprunter autant d’ouvrages à la fois, dit Jack.

Kramisha parut mal à l’aise.

— On ne peut pas. Enfin, normalement. Il faut triturer un peu l’esprit des bibliothécaires. Je les rendrai dès que j’aurai la possibilité d’en acheter à la librairie.

Je soupirai, ajoutant « vol à la bibliothèque » à la liste des actes que les novices rouges devaient être encouragés à ne plus commettre. En attendant, je me sentis un peu rassurée : une fille aux tendances monstrueuses aurait-elle honte d’un petit vol ? Certainement pas.

Je m’approchai du lit pour voir les titres. Il y avait là un énorme exemplaire des œuvres complètes de Shakespeare ; une édition illustrée de Jane Eyre, posée sur un livre de Tanith Lee ; Vol du Dragon, d’Anne McCaffrey, et plusieurs livres aux couvertures ignobles et aux titres douteux. Curieuse, je posai mes serviettes sur le dessus-de-lit rose vif et commençai à lire la première page de l’un d’eux.

Je jure que mes rétines se mirent à brûler, tant la scène décrite était chaude.

— De la littérature érotique, commenta Erik en regardant par-dessus mon épaule. Génial !

— Euh… ça fait partie de mes recherches, prétendit Kramisha.

Elle m’arracha l’ouvrage des mains en lançant un regard coquin à Erik.

— Et, étant donné ce que j’ai vu, vous n’avez pas besoin de conseils en la matière.

Je piquai un fard.

— Hé, des poèmes ! s’écria Jack. Cool.

Ravie de cette diversion, je me tournai vers lui. Les posters accrochés aux murs étaient recouverts de vers, tous écrits de la même main avec des marqueurs fluo.

— Ils te plaisent ? demanda Kramisha.

— Oui, ils sont très beaux. J’aime beaucoup la poésie.

— Ce sont les miens.

— Tu plaisantes ? Je pensais que tu les avais recopiés. Tu es drôlement douée !

— Merci. Je vous avais dit que je voulais devenir écrivain. Un écrivain riche et célèbre, avec plein de cartes de crédit.

Mon attention fut attirée par un court poème écrit en noir sur un poster rouge.

— Ça aussi, c’est de toi ? demandai-je.

— Ils sont tous de moi. J’ai toujours aimé écrire, mais depuis que j’ai été marquée, je suis de plus en plus prolifique. Ils me viennent comme ça. Cela dit, j’aimerais composer autre chose que de la poésie – c’est sympa, mais ce n’est pas avec ça que je vais faire fortune. Je me suis renseignée à la bibliothèque, et…

— Kramisha, la coupai-je, quand as-tu rédigé celui-ci ?

J’avais mal au ventre et la bouche sèche. Ils me sont tous venus ces derniers jours. Depuis que Lucie nous a remis d’aplomb. Avant, je ne pensais qu’à manger des humains, ajouta-t-elle avec un sourire contrit en haussant une épaule.

— De quand date celui-ci ? insistai-je en désignant le poème.

Des ombres dans des ombres Il regarde dans les rêves Ailes noires comme l’Afrique Corps dur comme de la pierre Il a fini d’attendre L’appel des corbeaux.

Jack, qui le découvrit à son tour, poussa un petit cri.

— Oh, déesse ! souffla Erik.

— Attends…, fit Kramisha. Facile, c’est le dernier que j’ai écrit… hier. J’étais…

Elle se tut brusquement.

— Merde ! Il parle de lui !

[La Maison de la Nuit 05] Traquée
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